Christian Vélot:
les OGM qu'on nous présente comme étant une avancée technologique sont en fait un choix de société.
Tout se passe actuellement comme si le grand public ne pouvait pas comprendre cette question, le citoyen se trouve de fait écarté.
Or la fondation Sciences Citoyennes (dont est membre C. Vélot) permet aux citoyens de prendre part aux choix technico-scientifiques et donne les bases d'un débat démocratique.
Ce sont les actions médiatiques tels que les fauchages qui ont donné lieu à un débat sur la question des OGM.

Il faut avant tout séparer les différentes catégories d'OGM alors qu'on a tendance à faire l'amalgame entre elles pour les faire accepter:
-ceux utilisés par la recherche fondamentale
-ceux utilisés par la médecine (ils représentent 15% de la pharmacopée)
-les OGM agro-alimentaires
Les 2ères catégories sont utilisées en milieu confiné et comme des outils alors que la dernière est cultivée en plein champ et utilisée comme une fin en soi.

Equivalence en substance : un maïs OGM est équivalent à un maïs traditionnel : c'est sur ce principe que ce sont développés les OGM.
Une plante OGM est en fait une plante pesticide: elle devrait être évaluée comme pesticide (sur 2 ans et sur 3 espèces animales différentes); or on est dans une carence d'évaluation.

Aurélien Bernier:
aux Etats Unis en 1986 on applique le principe d'équivalence en substance pour les plantes OGM et on donne l'autorisation de mise en culture.
Travail de lobbying des firmes: rappel de la scène du film de MM Robin (Le Monde selon Monsanto) où G. Bush alors vice-président visite Monsanto reçoit des menaces à peine voilées si l'encadrement législatif ne correspond pas à l'attente de la firme.
Autorisation du brevetage du vivant: on introduit un gène dans un organisme et on dépose un brevet.
Les agriculteurs qui vont acheter une semence brevetée sont soumis à un contrat d'utilisation (ex du Colza Round Up Ready: ils se voient interdire de prélever du grain pour resemer l'année suivante et sont dans l'obligation d'acheter du Round Up)
Monsanto poursuit en justice les agriculteurs contaminés par les champs OGM voisins pour utilisation illégale de leur produit.

En Europe, en pleine crise de la vache folle, directive européenne 2001-18 comporte 50 pages sur l'évaluation des OGM. Toutefois cette législation est insuffisante et hyprocrite.
On autorise aussi le brevetage du vivant en Europe pour "faire avancer la recherche".
Derrière cela se trouvent les intérêts commerciaux des firmes.
Les brevets permettent de trouver les ressources financières nécessaires à ces firmes.
Le refus d'importer le boeuf aux hormones se traduit par une taxe à l'exportation des produits français.
L'OMC arbitre les litiges commerciaux en rendant des jugements favorables aux intérêts des multinationales et suit la logique du libre-échange.
Les états ont quand même la possibilité de s'opposer à une décision européenne: l'Autriche suspend l'autorisation de mise en culture des OGM ainsi que la Hongrie, l'Allemagne un certain temps et dernièrement la France.

Nous n'échappons pas aux importations d'OGM, ces importations massives font partie d'un accord commercial (Plan Marshall suivant lequel les USA participaient à la reconstruction de l'Europe en échange de leur excédent de Soja; plus tard à la fin du GATT, les accords de Blair House qui contraignent l'Europe à ne pas produire plus de 30% de protéagineux)

Les OGM sont en définitive le produit d'une logique libérale, il faut apprendre à récupérer du pouvoir sur l'économique, ne pas laisser les multinationales nous dicter leurs choix.
Il faut reposer la question du libre-échange, chaque pays doit être souverain pour son alimentation.