CCC-OMC Nemours

Comité pour un Contrôle Citoyen de l'Organisation Mondiale du Commerce - Vigilance citoyenne

28 février 2009

conférence Laurent Cordonnier

Compte-Rendu de la Conférence du 6 février 2009 de Laurent Cordonnier à Nemours
Economiste spécialisé en macro-économie, maître de conférence Université de Lille I

06022009Organisée par les Amis du Monde Diplomatique, ATTAC77Sud et CCC-OMC

Quelques définitions :

La macroéconomie  est une  partie de la science économique qui étudie les grandes structures et les phénomènes économiques globaux.
La microéconomie est une branche de la science économique qui étudie les comportements des entreprises et des consommateurs. Elle étudie en particulier la manière dont les rémunérations et les prix se constituent sur un marché donné.
Le capitalisme
est un système économique où les individus et les entreprises privées assurent la production et les échanges de biens et de services à travers un réseau complexe de prix et de marchés.
Le libéralisme est une doctrine civile et politique suivant laquelle il faut donner aux citoyens le plus de libertés possible et le plus de garanties possible contre l’ingérence de l’Etat ou l’arbitraire du gouvernement.

Laurent Cordonnier  est présenté par le correspondant du « Monde Diplomatique ».

Il commence son exposé en rappelant brièvement les définitions ci-dessus et souligne que le capitalisme est mû par la recherche de profits. Cependant le résultat pourrait  être collectivement profitable si il était discipliné par le marché et la concurrence.

La crise financière déclenchée par les « subprimes » est la plus importante depuis 1929.
La crise des années 30 avait entraîné le fascisme, le nazisme et la guerre.

Après la guerre, le libéralisme a été discrédité. Par exemple, De Gaulle avait corseté l’économie.

La rupture est venue de Thatcher et Reagan qui ont réhabilité la doctrine libérale pour sortir leurs pays de la crise 1973-79 .

Trente ans plus tard, assistons-nous à la fin du laisser-faire en économie ?
La conception politique de gestion du capitalisme se modifie-t-elle ?

1) oui, ça bouge

2) oui, mais.. la question demeure, car rien de concret n’est apparu pour le moment pour dépasser le capitalisme financiarisé.

1) La somme des dégâts est considérable et se capitalise dans les esprits :

- successions de crises financières,

- scandales rendus possibles par le système économique actuel ( Enron, Kerviel, Madoff)

- infractions à la concurrence : ententes sur les prix dans le BTP, l’acier, la téléphonie, Internet

- spéculations sur tous les marchés financiers (actions et obligations)

- spéculations sur les matières premières agricoles, métaux, énergies fossiles…
qui se propagent à la gestion des conditions de vie, menacent les populations les plus pauvres (émeutes de la faim).

C’est un mouvement brutal qui va dans les deux sens, créé un désordre gigantesque, favorise la montée des inégalités et la persistance d’une extrême pauvreté pour un milliard de personnes qui vivent avec un dollar par jour.

Illustration de la spéculation  avec les « vraquiers » et le transport maritime de matières premières :
La hausse du prix de l’acier provoque une tension sur le prix de location de ces bateaux. Des spéculateurs font construire de nouveaux bateaux. La crise se déclare. Le trafic maritime est divisé par 2 en 6 mois. Le prix de la journée de « vraquier » est divisé par 99. Le nombre de bateaux produits est trois fois supérieur aux besoins.

ça commence à se voir :
- la médiocrité de la croissance depuis 20 ans
- la décroissance continue des gains de productivité
- depuis 1978, les revenus salariaux annuels n’ont pas augmenté

ça commence à se voir :
- la profondeur de la crise est suffisante pour voir des tremblements
- quelle est la charge critique pour renverser la situation ?
- la dépréciation d’actifs dans les banques est de 1000mds de dollars

- aux Etats-Unis, les fonds de pension ayant été dépréciés, on calcule les années de travail supplémentaires qui seront nécessaires aux futurs retraités pour compenser  cette perte.

- la vitesse d’effondrement rappelle celle de 1929.

- tous les secteurs économiques sont à moins 5 %

- le nombre de personnes privées d’emploi aux E.U . est actuellement de 2,6 millions

Où est le point bas ?

-          la « grande » consommation va ralentir

-          ce qui va entraîner la chute des investissements

-          ce qui va entraîner en cascade la baisse de profits des entreprises qui fabriquent les produits nécessaires à la production de la « grande » consommation.

-          que faire quand le krach atteindra les grandes entreprises?

-          les pays les plus touchés sont ceux qui sont le plus financiarisés : Etats-Unis, Grande-Bretagne, Islande …

-          les pays qui résistent le mieux sont ceux qui ont mis en œuvre la social-démocratie ( des fonctionnaires, des nationalisations historiques, la sécurité sociale, les retraites par répartition…)

-          l’échec des toutes les institutions internationales (ONU, FMI, Banque mondiale…)

-          Depuis 6 mois, les gouvernements font le contraire de ce qu’ils défendaient 6 mois auparavant : injections massives de liquidités, prises de participation dans les banques, nationalisation d’organismes financiers, garantie étatique des prêts interbancaires.

La question se pose : pourra-t-on revenir en arrière?

2) Ce qui est fait dans l’urgence, sera-t-il suffisant?

…Plans de relance budgétaire, taux d’intérêt historiquement très bas, renflouement de l’industrie automobile (NB. En période hors crises interdit par l’OMC….), plafonnement des revenus des dirigeants (bonus et parachutes dorés)….

Si il n’y a pas de remise en cause structurelle des méfaits de la finance : paradis fiscaux, spéculation, hedge funds…


En France, le partage des profits est au premier plan du dernier discours du chef de l’Etat avec le partage des profits en trois, un tiers pour les actionnaires, un tiers pour les investissements, un tiers pour les salariés. Techniquement ça ne tient pas, mais c’est dit.

En Europe, malgré l’unification de la monnaie, la coordination entre les pays n’a pas été possible.

Une relance européenne n’est pas possible non plus car le budget de l’Union européenne ( 1,24 % du PIB) ne le permet pas.

Conclusion
Historiquement les systèmes se succèdent, une doctrine remplace l’autre. Le libéralisme d’avant la guerre a été remplacé par l’économie dirigée et le keynésianisme qui ont été remplacés par le libéralisme-monétarisme qui  …… Encore faut-il que la doctrine suivante existe, ce qui n’est pas actuellement le cas.

Alors à quoi s’attendre?

-           à des luttes sociales

-          à la remise au goût du jour de la théorie de Keynes

-          ça peut flotter pendant 25 ans

-          à la crise écologique qui pose des problèmes au système actuel.

De quoi avons-nous besoin pour vivre?

Réfléchissons à nos besoins en énergie, en matières premières, fabriquons sur place ce que nous savons fabriquer….

La discussion s’engage ensuite avec les personnes présentes qui demandent des éclaircissements sur des points particuliers ou font part de leur réflexion sur l’impossibilité pour l’économie de continuer à exister sur le modèle de la croissance indéfinie puisque nous vivons dans un monde « fini » .

Posté par Villiers à 18:34 - Réflexion - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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16 février 2009

La Forêt de Fontainebleau : bien commun ou bien privé ?

Pour la plupart d’entre nous, la Forêt de Fontainebleau est une forêt « protégée ». Si on y regarde de plus près, on s’aperçoit que ce n’est pas le cas.

Qui gère la forêt au niveau national?

2/3 des surfaces forestières appartiennent à des particuliers.

Le tiers restant appartient à l’Etat (forêt domaniale), à des collectivités locales ou à des établissements publics – il représente 4,5 Millions d’hectares.

-les forêts domaniales occupent 1,7 Million d’hectares

-les forêts communales : 2.8 millions d’hectares (10 500 communes forestières)

Les forêts publiques sont gérées par l’ONF depuis 1966, gestion auparavant assurée par l’Administration des Eaux et Forêts.

Il a 3 rôles essentiels : économique (récolter du bois), patrimonial (préserver la biodiversité et gérer la forêt pour les générations futures) et social (accueillir du public)

Depuis septembre la mise en œuvre de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) remet en question la gestion durable des forêts publiques en donnant la priorité à l’exploitation du bois au détriment de la gestion patrimoniale.

Le désengagement financier de l’Etat contraint l’ONF à abandonner sa mission de service public pour assurer des objectifs de rentabilité.

Pour produire plus, il remet en question les cycles d’«aménagement forestier »  organisés  sur 25 ans. La notion de « long terme »  disparaît. Les règles de la sylviculture sont transgressées.

La réaction des personnels de l’ONF a conduit à la création d’une intersyndicale pour dénoncer ces projets.

Le 14 octobre dans l’Allier, suite à la mobilisation des personnels, une vente a été bloquée.

Le 13 novembre, manifestation sur le Champ de Mars à Paris aux côtés des éleveurs, 2500 personnes étaient présentes (cf article de l’Humanité)

Le 17 novembre lors du conseil d’administration 100 personnes étaient réunies devant la direction de l’ONF ; cependant celui a voté majoritairement pour le désengagement de l’Etat dans la gestion des forêts publiques.

Ce plan prévoit des suppressions massives d’emplois et la fermeture de services de proximité et enfin la délocalisation du siège de l’ONF à Compiègne.

Les conclusions du Grenelle de l’environnement étaient pourtant : « produire plus pour préserver plus ». Aujourd’hui seule la première partie de cette formule semble intéresser nos décideurs. On se demande comment un tel objectif pourra être atteint avec de tels moyens.

Les personnels de l’ONF, unis dans l’intersyndicale continuent leurs actions contre le plan de restructuration de leur établissement. Vous pouvez leur apporter votre soutien en signant la pétition sur le site http://www.snupfen.org

et trouver des infos sur le site http://www.cgt-foret.org

Posté par cccomc à 19:53 - Réflexion - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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08 février 2009

la Santé: état d'urgence!

à l'initiative du comité ATTAC 77 Sud, les Amis du monde diplomatique de Seine-et-Marne ont le plaisir de vous inviter à débattre du système de santé publique
vendredi 13 février à 19 H30
à l'astrocafé
Médiathèque l'Astrocafé
rue du chateau
77000 MELUN
Restauration possible sur place.                              affiche_sant_

LA SANTE: ETAT D'URGENCE !


Quand on a la chance de n'être pas directement concerné , il suffit de prêter l'oreille autour de soi, pour entendre dénoncer la dégradation de la protection sociale dans ce domaine. Depuis le "forfait hôtelier " de 16€ en cas d'hospitalisation jusqu'aux "franchises" récentes, (0, 50 € par boîte de médicaments, 1€ pour chaque acte de votre kiné ou d'une infirmière, 18 € pour une intervention tarifée à plus de 91 € ...etc), en passant par les dépassements d'honoraires, arbitraires voire vertigineux, force est de constater que désormais être malade et se faire soigner peut devenir un luxe.


Confrontées à ces surcoûts, les mutuelles ont deux possiblités: ne pas les prendre en compte, ou ... augmenter les cotisations. Dans les deux cas c'est le patient qui est sanctionné. C'est le principe de la double peine.

Est-il vrai qu'il n'y ait pas d'autres manières de combler le fameux "trou de la Sécu"?
D'autres solutions sont-elles possibles?

FRANCHISES MÉDICALES :
Elles mettent en difficulté des personnes aux revenus modestes, qui repoussent à plus tard leur démarche de soins, ou même y renoncent. Mais quand le mal s’est aggravé, il faut bien consulter . Les soins sont alors plus lourds et plus côuteux. Au bout du compte, cela revient plus cher à la collectivité!


Dans quelques semaines la ministre de la santé va présenter son projet de loi: "HÔPITAUX , PATIENTS, SANTÉ ET TERRITOIRES"
L'objectif de cette loi, c'est la privatisation de l'Hôpital , s'inscrivant dans la politique générale de privatisation des services publics.
Cette privatisation revêtira un double aspect. Elle consiste à réduire la place de l'hôpital et à transférer une partie de ses activités vers le privé. Il s'agit en même temps d'achever la transformation de l'hôpital , service public en "hôpital entreprise" , avec pour premier critère de fonctionnement la rentabilité et les gains de productivité.


UNE LOGIQUE DE PRIVATISATION . Les désengagements de la sécurité sociale ouvrent un boulevard , le “marché de la santé “ , en pleine expansion.
Celui-ci attise les convoitises des assurances privés et aussi des banques.
En invitant les assurés à se couvrir en fonction de leurs besoins, on porte gravement atteinte au principe de la solidarité , de la mutualisation des risques et, finalement , à l’assurance maladie obligatoire. Car même si ces pratiques ne concernent que la couverture complémentaire santé, elles introduisent l’idée de “bonus “ et de “malus” dans la santé et prônent l’individualisation et la sélection des risques.


Après la 2° guerre mondiale la France a opté pour UNE PROTECTION SOCIALE BASÉE SUR LA SOLIDARITÉ des salariés : chacun cotise en fonction de son salaire et reçoit en fonction de ses besoins de santé.
Devons - nous fatalement renoncer à ce système?

Posté par cccomc à 20:49 - Annonce - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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