01 août 2009
A lire dans le Diplo du mois d'août - un article d' Eric Dupin
Un courant de pensée influent mais peu organisé
La décroissance, une idée qui chemine sous la récession
Avec la crise écologique s’impose peu à peu la nécessité de définir le progrès humain autrement que par le productivisme et la confiance aveugle dans l’avancée des sciences et des techniques. En France, les penseurs et militants de la décroissance, qui prônent un mode de vie plus simple et plus riche de sens, voient ainsi croître leur audience, tant auprès des partis de la gauche antilibérale que parmi le grand public. Ils représentent pourtant des sensibilités politiques et philosophiques très diverses.
http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/DUPIN/17702
Paru dans le journal la Décroissance du mois de juillet 2009:
Le mot décroissance fait son entrée dans l'édition 2010 du Petit Larousse illustré, malheureusement, les rédacteurs de ce dictionnaire font un contresens en définissant la décroissance comme une « politique préconisant un ralentissement du taux de croissance dans une perspective de développement durable ». Nous proposons au célèbre dictionnaire cette définition : « La décroissance est une politique préconisant la décroissance économique des pays riches, surtout, la décroissance vise à une sortie de l'économisme (envahissement de toutes les dimensions sociales et humaines par l'écononomie).
« L'arrêt de la croissance économique est la condition nécessaire et préalable pour toute protection efficace de l'environnement. » Édouard Pestel, Rapport du Club de Rome, Halte à la croissance ?, éditions Fayard, 1972.
La décroissance soutenable s'oppose aux tenants du développement durable qui affirment pouvoir conjuguer la croissance économique et la protection de l'environnement.
Pour en savoir plus, consulter le site http://www.decroissance.org
22 décembre 2007
Court résumé de la conférence de Serge Latouche à Nemours le 8 décembre 2007
Serge Latouche, objecteur de croissance, auteur du livre « Le pari de la décroissance », est professeur d’économie à l’Université d’Orsay. Des actions tournées vers l’aide au développement en Afrique et des rencontres l’ont conduit à intégrer l’environnement dans sa réflexion sur l’économie. Il est venu présenter à Nemours une conférence sur le thème : « Décroissance, piste ou utopie ».
Origine de « l’objection de croissance »
Le Club de Rome est une association internationale et non politique réunissant des scientifiques, des humanistes, des économistes, des professeurs, des fonctionnaires nationaux et internationaux ainsi que des industriels de 53 pays, préoccupés des problèmes complexes auxquels doivent faire face toutes les sociétés, tant industrialisées qu'en développement. Les membres du Club ont comme but de chercher des solutions pratiques aux problèmes planétaires. Son rôle demeure surtout de sensibiliser les hauts dirigeants aux problèmes planétaires actuels.
Fondé le 8 avril 1968 à l'initiative d'Aurelio Peccei, un Italien membre du conseil d'administration de Fiat, et d'Alexander King, un scientifique et fonctionnaire écossais, ancien directeur scientifique de l'Organisation de coopération et de développement économiques, il doit son nom au lieu de sa première réunion à Rome, à l'Accademia dei Lincei.
Le rapport Meadows (1972), commandé par le Club de Rome, avait pour titre français « Halte à la croissance ? », et fut suivi en 1974 d'un deuxième rapport : « Sortir de l'ère du gaspillage : demain ».
Giscard d’Estaing alors ministre des finances n’a pas proposé de réfléchir sur le rapport de 1972 et a dit « je ne veux pas devenir objecteur de croissance » .
Le groupe de travail de Serge Latouche avait trouvé son titre : « les objecteurs de croissance ».
La décroissance
Le mot « décroissance » n’existe pas en économie ni dans la langue de l’économie, l’anglais.
Son utilisation en français vient d’un choix de traduction dans un livre d’économie. Le mot exact aurait été acroissance qui n’existe pas en français et qui signifie privation de croissance.
La décroissance serait une crise catastrophique et ce n’est pas un concept en économie.
Le mot est utilisé par S. Latouche pour faire image, à titre de slogan.
D’où quelques difficultés de compréhension, puisqu’il ne s’agit ni de décroître, ni de se priver, mais de changer d’angle.
La croissance
Origine
A partir de 1750, à la suite des philosophes des Lumières et des découvertes scientifiques, Darwin en particulier, la civilisation occidentale s’est tournée vers le « progrès », et la croissance infinie, tel l’arbre qui monte jusqu’au ciel.
De nos jours
Depuis cette époque, nous vivons sur cette idée sans avoir intégré que nous vivons sur une planète finie.
Les 3 piliers de la croissance sont
-la publicité
-l’obsolescence des produits
-le crédit bancaire.
(Ce raccourci brutal démontre que la croissance dépend du consommateur et que le salaire du consommateur dépend de la croissance. Que dit le citoyen ?)
Futur
Si nous pouvons continuer notre mode de vie actuel, c’est en raison de l’absence de développement en Afrique en particulier.
Un simple opération le démontre :
La division du nombre d’hectares disponibles sur Terre pour la vie humaine par le nombre de Terriens actuels donne 2,2 hectares par personne.
Un habitant du Burkina Fasso utilise 0,1 h, un Français 4,5, un Etats-Uniens 6,5.
C’est dire qu’avec l’usage de la Terre d’un Burkinabé, 23 milliards d’habitants sont possibles.
Avec celle d’un Américain, il faudrait dupliquer 6 fois la planète.
Ce qui est impossible !
Pour anticiper la perte de la maîtrise sur notre environnement (la date-butoir donnée par S. Latouche est 2060 et de nombreux scientifiques )de fortes réactions sont souhaitables rapidement pour contenir le réchauffement climatique dans une limite qui permettrait la conservation de la vie telle que nous la connaissons.
Alors, retour à l’âge des cavernes ?
En fait, la majorité d’entre nous ne mange pas plus, n’achète pas plus de vêtements… que vers 1960-70.
La difficulté pour l’environnement vient du mode de fabrication des produits.
Le nombre de kilomètres parcourus par les composants d’un yaourt à la fraise par exemple peut être de 9000. Par ceux d’un vêtement 30 à 50 000.
Non, plutôt la relocalisation et le recyclage
Un des moyens pour s’en sortir est de revenir à la production proche du consommateur pour les produits courants et d’organiser une industrie de recyclage et de réutilisation pour les achats d’investissement.
Dans la joie de vivre et la bonne humeur!
09 décembre 2007
Serge Latouche - La Décroissance
Serge Latouche - La Décroissance
Vidéo envoyée par planetendanger
Serge Latouche, objecteur de croissance, est venu à Nemours, invité par le GENE, le samedi 8 décembre pour nous parler de la décroissance, piste ou utopie?
