04 janvier 2009
réforme de l'audiovisuel : malgré la crise, que du bonheur !
La réforme de l’audiovisuel public a commencé par une pitrerie, elle s’achève dans le burlesque…
On s’en souvient : janvier 2008 le Président de la République annonce la fin de la publicité sur le service audiovisuel public…
5 janvier 2009 faute d’avoir terminé l’examen du projet de loi, la publicité sera supprimée par… le PD-G de France Télévision, Patrice de Carolis, futur intermittent du spectacle, preuve par l’absurde qu’il n’y avait pas de nécessité de voter une loi pour supprimer la pub.
Cette fin de la publicité personne ne la demandait. Ni la gauche, pourtant allergique aux coupures publicitaires, mais qui ne savait pas comment la financer. Ni TF1 ou les chaînes privées qui engrangeaient assez de « réclames » pour faire bouillir la marmite. Ni même la droite qui a découvert cet OVNI avec stupeur. Les mêmes qui réclamaient à corps et à cris une seconde coupure publicitaire dans les fictions ont du mal à justifier que l’on considère aujourd’hui la pub comme une gangrène qui corrompt le corps sain de la culture et du patrimoine national.
Entre-temps l’assemblée nationale s’est entredéchirée pour des queues de cerises. Comment sera comblé le déficit que crée une telle annonce ? Les recettes d’un an de cogitation d’une commission ad-hoc sont pitoyables. Et par-dessus le marché les parlementaires ont fait une loi à coups de copier/coller que leur ont soufflés des lobbyistes de TF1.
Nous qui travaillons dans l’audiovisuel public nous avons compris avec un rien d’écœurement ce qui motivait ce capharnaüm. La seule mesure qui nécessitait une loi est la nomination (et la révocation) du PD-G du service public de l’audiovisuel par le Président de la République. Tout le reste aurait parfaitement pu être conduit par de simples décrets en conseil des Ministres. Le président a déjà tous ses copains à la tête de l’audiovisuel privé, il veut à présent placer sous sa férule les chaînes du service public.
Mais au-delà de ces tripatouillages qui aboutiront si l’on y prend garde à un service public rachitique et sous contrôle, il est un enjeu de société qu’il faut garder en vue.
L’indépendance de l’information est directement en cause. Souvenons-nous des panégyriques tressés au libéralisme sur les chaînes de télévision jusqu’en septembre 2008. La palme revient sans doute à TF1-LCI dont les experts économistes glosaient sans fin sur les miracles du marché mondialisé.
Que nous a-t-on servi sur l’irresponsabilité des empêcheurs de déréguler en rond ? Quinze jours plus tard c’était la crise qui n’est pas prête de s’arrêter.
2012 ! Quand on voit la difficulté des pays européens à détacher Sarkozy de la Présidence de l’Europe on n’a pas de mal à imaginer ce qui se passera à la veille de la présidentielle en matière de contrôle politique de l’information.
Mais il y a plus grave, car plus insidieux : « La télévision publique qui devrait coopérer pour que la situation s’améliore, est aujourd’hui la source principale de diffusion du pessimisme », a regretté récemment Silvio Berlusconi le chef du gouvernement italien « Je vais faire le maximum pour que les télévisions publiques et privées ne soient pas des facteurs d’anxiété, comme malheureusement elles le sont trop souvent devenues », quand on se souvient de l’expérience de « La Cinq » de Berlusconi en France, avec ses girls et ses paillettes, son optimisme en boite, on comprend mieux quelles pourraient être en France les ingérences des conseillers du Président sur les programmes de télévision. Du cirque ! Des histoires édifiantes, sur fond de bonheur en sirop ! Le "Thierry la Fronde du futur" a-t-il déjà souhaité. Une "Chanson Douce" d’Henri Salvador assaisonné de « bonne nuit les petits » Avec cette loi sur l’audiovisuel ; je vous l’assure : la crise ne sera que du bonheur !
Il est temps d’envisager, avec entre autres les signataires des « états généraux pour le pluralisme », de construire un pôle public et associatif des médias sans but lucratif, véritable service public de l’information et de la culture, garant du pluralisme, riche de sa diversité et respectueux de la multiplicité de ses formes.
Cette déclaration a été adoptée par (liste provisoire, 26 mai 2008) : ACJ (Association des Cyberjournalistes) - Acrimed (Action-Critique Médias) – Bellaciao.org - ATTAC - CMTS (Convergence des Médias du Tiers Secteur) – Corali (Coopération des radios libres) –- Fédération Syndicale unitaire (FSU) - FNVDPQ (Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartiers) – Le Dispositif – Les Pieds dans la Paf - Métazone TV - Rézo citoyen - SNJ (Syndicat National des Journalistes) – SNJ-CGT (Syndicat National des Journalistes-CGT) - Sud-AFP – Sud-Rail - Sud Culture Solidaires – Union Syndicale Solidaires.
Adresse du site : http://www.etats-generaux-medias.org/
19 janvier 2008
Hervé Kempf : l'obession de la croissance, peut-on y échapper?
Où nous mène le dogme de la croissance depuis un siècle?
L'humanité a atteint les limites de la biosphère, nous nous trouvons dans une crise écologique historique.
1ère manifestation: le changement climatique
2ème manifestation: crise de la biodiversité
3ème manifestation: pollution généralisée
Pourquoi dans ces conditions ne changeons nous pas de trajectoire?
C'est parce que la classe dirigeante – l'oligarchie en place – empêche les choses de bouger.
On assiste à un retour de la pauvreté dans les pays riches; plus de personnes se trouvent dans la précarité; aujourd'hui des personnes ayant un emploi sont en situation de pauvreté. Nous risquons d'aller vers le chaos social, vers des sociétés autoritaires dans un environnement totalement dégradé.
Evolution des plus riches
Une étude de Carola Frydman & Raven Saks montre que le salaire des patrons était de 35 à 40 fois plus élevé que celui des employés dans les années 80, à l'heure actuelle il est de 120 à 130 fois supérieur.
A l'heure actuelle, le revenu des 500 les plus riches est équivalent à celui de 416 millions des plus pauvres.
Où les riches mettent ils leur argent? Dans les paradis fiscaux.
Les taux d'imposition baissent pour les plus grandes fortunes. La redistribution par l'impôt régresse
Cette oligarchie se ferme sur elle même; on assiste à une augmentation des frais d'études supérieures qui induit une sélection par l'argent. Elle vit dans des communautés isolées, des quartiers réservés tels qu'aux USA et en Argentine. Elle se livre à une consommation ostentatoire (yachts, avions personnels, etc...)
Mais elle n'a pas de projet politique.Elle surconsomme et ne se préoccupe pas vraiment de la situation environnementale dont elle minore la gravité.
Evolution des moins riches
Voir Thorstein Veblen, économiste du XIXème siècle, auteur de la théorie de la classe de loisirs.
Il a développé la théorie qu'une fois les besoins satisfaits, la dépense de consommation sert surtout à se distinguer des autres humains. Il en va de même pour les groupes sociaux. Un groupe donné tend à imiter le groupe qu'il estime situé au dessus de lui dans l'échelle sociale. C'est ainsi que la classe la plus riche fixe la norme que toute le société cherche à imiter.
On s'arrête quand pour réfléchir?
malgré la noirceur du tableau, on ne voit pas de signes d'insurrection pour plusieurs raisons:
-les mécanismes de contrôle sont de plus en plus efficaces, contrôle médiatique
-nous vivons dans un monde confortable
-le capitalisme nous a convaincu qu'il fallait aller dans le sens de l'individuel et qu'il fallait casser le collectif.
Pour diminuer la crise écologique, il faut diminuer l'impact sur la biosphère, diminuer notre consommation et nos rejets.
Les classes moyennes n'accepteront ce changement que si le modèle présenté par l'oligarchie est dissous.
Le rôle des élites est de retrouver une notion du bien commun.
Le changement se fait au sommet (« le poisson pourrit par la tête »)
Pour changer le modèle culturel, il faudra changer radicalement les rapports d'inégalité. Patrick Viveret propose le RMA (Revenu Maximum Acceptable)
Moins de consommation matérielle, plus de lien social.
conférence à l'Insead, le 7 janvier 2008 - voir aussi le site Reporterre.net
28 octobre 2007
Parution d'un nouveau livre de Raoul-Marc Jennar
QUELLE EUROPE APRES LE NON ? (Fayard)
La réforme des institutions européennes, gravement affectées par un manque réel de démocratie, n’a pas été réalisée à Amsterdam en 1997, à Nice en 2000 ou par le Traité établissant une Constitution pour l’Europe de 2004. Et s’il y a bien eu un rejet lorsque les peuples de France et des Pays-Bas ont eu la parole en 2005, c’est davantage un rejet des défaillances des gouvernants qu’un rejet de principe de l’Europe.
Ce qui a été sanctionné par-dessus tout, c’est l’incapacité des gouvernements à concrétiser le rêve européen. Ce qui a été refusé, c’est une Europe limitée au commercial, à l’économique et au financier. Ce qui a été condamné, c’est l’absence d’Europe démocratique, d’Europe sociale, d’Europe écologique.
Pour sortir de la crise provoquée par la défaillance des élites européennes, un préalable s’impose : fournir les réponses aux questions qui ne sont jamais posées.
Quelle Europe voulons-nous ?
Voulons-nous tous une Europe politique ?
Quelle organisation de l’Europe voulons-nous ?
Voulons-nous une Europe européenne ?
Quels rapports entendons-nous établir entre l’Europe et le reste du monde?
Ces questions ne sont jamais posées. Et pourtant, des réponses à ces questions devraient précéder la rédaction du « traité modificatif » afin d’enrayer un processus de désintérêt, voire d’hostilité à l’égard du projet européen. Ce livre s’efforce d’apporter des réponses et de proposer des réformes susceptibles de donner du contenu à une ambition européenne très largement partagée par l’immense majorité de ceux qui ont dit « non » en 2005 comme par la plupart de ceux qui ont dit « oui.
Réconcilier ceux qui, tout en adhérant au principe d’une Europe intégrée, ont dit « non » avec ceux » qui ont dit « oui » réclame beaucoup plus que les quelques éléments positifs qui avaient justifié bien des « oui ».
Les propositions aujourd’hui discutées entre gouvernements ne vont pas au-delà de ces trop rares points positifs. Elles ne remettent pas en question les aspects négatifs des traités existants. Il faut davantage pour redonner confiance et espoir. En troisième partie de ce livre, l’auteur décortique, comme il l’avait fait pour le traité constitutionnel, les éléments du « traité modificatif ».
Pour Raoul Marc Jennar, « il ne s’agit pas de réaliser, dans l’immédiat, une Europe rêvée. Il s’agit de faire disparaître ce qui tue ce rêve. Il y a urgence. »
